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Le
scénario est
souvent le même :
« Mais qu’est-ce que
j’ai ? »
« Mais qu’est-ce qui
se passe ? »
Les médecins sont perplexes,
les analyses ne parlent pas, on se sent isolé, on souffre, on
change de médecin, on en arrive à ne même plus
oser dire tout ce qu’on ressent, on finit par douter de soi-même
et à semer le doute chez nos proches…Puis un jour, parfois
des années plus tard, le diagnostic tombe presque comme
un soulagement : Polychondrite Chronique Atrophiante (PCA).
A ce soulagement
de courte durée, qui sonne enfin comme une sorte de reconnaissance
de souffrances bien réelles, succède l’incompréhension,
puis l’abattement quand on consulte Internet et qu’on
y lit les statistiques alarmantes, la liste de tous les problèmes
annexes qui ne vont pas manquer de se greffer et le peu de réponses
de la médecine face à la rareté extrême
de cette maladie.
Trois
ou quatre malades par million d’habitants, ça fait environ 250 en France… «Alors pourquoi
moi ? ». En fait, nous faisons partie des 4 millions
de Français atteints par une des quelques 8000 maladies rares
recensées, dont beaucoup sont encore plus invalidantes que la
nôtre.
Déjà il
faut encaisser, puis vient l’heure de la révolte, du refus
de la fatalité. On a envie de se lever en criant à l’injustice.
Oui, la science nous permet de contrôler la maladie tant bien
que mal, mais dans des conditions de confort loin d’être
suffisantes : traitements inadaptés, effets secondaires,
problèmes psychologiques….
Beaucoup
d’interrogations,
beaucoup d’isolement. « Puis-je encore faire des projets
d’avenir ? » On aimerait bien savoir comment
les autres malades vivent au quotidien leurs souffrances physiques
et morales, comment ils se soignent, qui les soigne, depuis combien
de temps ils sont atteints, quels sont les dégâts irréversibles
ou non causés par la maladie, comment ils vivent le regard des
autres…
Internet
peut véhiculer
le pire ; mais c’est aussi un outil merveilleux pour permettre
un rapprochement entre ceux qui ont en commun des passions, des loisirs
ou des peines. La maladie devient aussi une opportunité de communiquer
et de créer des liens.
Les forums
et sites web spécialisés prolifèrent. Mais jusqu’à très
récemment, il n’y avait pas en France de lieu de discussion
spécifique où les malades atteints de PCA pouvaient se
rencontrer. C’est maintenant chose faite.
Grâce à l’initiative
et au dynamisme de quelques-uns, un forum a été créé au
début de 2007 http://polychondrite.forumactif.fr/ qui a été remplacé en février 2008 par notre forum www.afpca.fr/leforum.
Il reçoit maintenant la visite régulière d’une
trentaine de malades de France et d’autres pays francophones,
qui en 6 mois de temps, ont posté plus de 2000 messages !
Et la vie des malades, dans cette sorte de « fraternité » virtuelle,
mais aussi bien réelle, s’en trouve profondément
bouleversée. D’isolés, on devient nombreux, on
n’est plus un cas particulier, on discute, on échange,
on bavarde, on rit et on pleure ensemble. Mais on rit beaucoup plus
qu’on ne se plaint. L’humour et l’amour de la vie
sont toujours au rendez-vous. On arrive à apprivoiser, à connaître
et à reconnaître sa PCA. Ce n’est plus le monstrueux
point d’interrogation… les camarades de la « toile » sont
tous passés par les mêmes angoisses et peuvent se soutenir
mutuellement. Nous réagissons et, au-delà de l’écran,
nous avons même pu organiser de vraies rencontres.
En ayant
pris conscience que notre union peut devenir une grande force, nous
voulons maintenant aller plus loin. D’où l’idée
de nous structurer en fondant cette Association Francophone contre
la Polychondrite Chronique Atrophiante (AFPCA).
Quels
buts poursuivra cette association ?
-
Rassembler en son sein les malades atteints de
la PCA en France et dans les autres pays francophones et créer un réseau
de solidarité européen.
-
Informer le public, le corps médical et les autorités
sanitaires et sociales de façon à améliorer
le diagnostic et faire reconnaître l’existence de la
PCA et sa spécificité au sein des maladies rares. En
effet, en raison de l’extrême rareté de la maladie,
les médecins passent généralement à côté du
diagnostic ; laissant à la maladie le temps de causer
des dommages souvent irréversibles
-
Apporter une aide technique et morale aux familles
confrontées à la
PCA
-
Contribuer à l’effort de recherche médicale
et à l’amélioration des pratiques de soins relatifs à la
PCA et à d’autres pathologies d’expression
similaire.
Ce
serait la concrétisation de nos rêves les plus fous
que d’avoir, par notre énergie, notre volonté,
notre mobilisation, réussi à lever les fonds nécessaires
permettant une découverte majeure nous rapprochant de la guérison
des maladies auto-immunes en général et de la PCA en
particulier.
Seuls
nous ne pouvons rien. Ensemble nous pouvons beaucoup
Le président :
Gilbert Fuzillier
AFPCA -
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